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Complément alimentaire pour mieux dormir, quand faut-il s'inquiéter ?

Publié par Le Temple du Sommeil le

Complément alimentaire pour mieux dormir, quand faut-il s'inquiéter ?

Un soir de mauvaise nuit, on avale une gélule en espérant que demain sera plus clément. Le geste est banal, presque rassurant. Pourtant, ce qui s'achète sans ordonnance n'est pas forcément sans conséquence, et la frontière entre petit coup de pouce et signal d'alarme mérite d'être tracée avec soin.

Un coup de pouce, pas un traitement

Dans les rayons d'une parapharmacie, les produits censés favoriser le sommeil se comptent par dizaines, à base de plantes, de magnésium ou de mélatonine. Leur statut reste celui d'un complément alimentaire, donc d'un produit qui ne soigne rien.

La mélatonine est l'hormone que le corps sécrète quand la lumière baisse. Elle peut aider lorsque l'horloge interne se dérègle, après un décalage horaire par exemple. En revanche, elle ne résout pas toutes les insomnies, surtout quand les ruminations mentales tiennent l'esprit en alerte.

Les profils qui doivent s'abstenir

L'agence sanitaire française a publié en 2018 un avis toujours cité aujourd'hui. Elle déconseille les compléments à base de mélatonine aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants, aux adolescents et aux personnes atteintes de maladies inflammatoires ou auto-immunes. Elle les déconseille aussi à quiconque doit garder une vigilance soutenue, puisque la somnolence peut devenir dangereuse.

Pour d'autres situations, comme l'épilepsie, l'asthme, les troubles de l'humeur ou un traitement en cours, le feu n'est pas rouge mais il n'est pas vert non plus. Un avis médical s'impose d'abord. Les interactions avec des médicaments restent possibles, et les spécialistes de la nutrivigilance le rappellent encore.   

Quand l'usage devient suspect

Les effets d'une consommation prolongée sont mal connus, ce qui pousse l'agence à recommander un usage ponctuel. Quelqu'un qui en prend chaque soir depuis des semaines devrait donc se poser des questions, sans attendre qu'un problème surgisse.

Des maux de tête, des vertiges, une somnolence dans la journée, des cauchemars ou des troubles digestifs ont été signalés après la prise de ces produits. Ces effets indésirables justifient d'en parler à un professionnel de santé. Côté composition, les autorités préfèrent les formules simples, sans mélange d'ingrédients, avec moins de 2 mg de mélatonine par jour.

L'insomnie qui s'installe

Quelques mauvaises nuits n'ont rien d'alarmant. On parle d'insomnie chronique lorsque les troubles reviennent plus de trois fois par semaine depuis plus de trois mois, et là, un complément ne fait que retarder l'échéance.

Dès que les insomnies se répètent et pèsent sur la santé, une consultation devient nécessaire. Le médecin traitant fait le premier tri, puis il peut demander l'avis d'un spécialiste du sommeil et faire réaliser des examens.

Ce que le sommeil cherche à dire

Un mauvais sommeil n'est pas toujours un problème de sommeil. Des ronflements accompagnés de pauses respiratoires, une humeur très basse ou un quotidien nettement perturbé peuvent révéler une apnée ou une dépression, que nulle gélule ne réglera.

Autant le dire franchement, masquer le symptôme ne sert à rien si la cause reste en place. Et si l'on prend déjà un produit, mieux vaut le signaler à son médecin, ne serait-ce que pour éviter les mauvaises surprises.

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